Transcription
1
Monseigneur, jay receu la lettre qu’il vous a pleu m’escrire par laquelle
2
m’avés ordonné dix souldatz, et vous asseure monseigneur, que
3
c’est bien peu, consideré que ceste ville est de grand garde avecq le
4
chateau, et vous plairra entendre que en ceste dicte ville y a peu gens
5
et mal armés et la plus part gens de travail, lesquelz d’yr en
6
avant aymeront mieulx travailler que fère la garde, laquelle
7
ilz ne font que par force, au moingz la plus part. Parquoy
8
si votre seigneurie le treuve bon vous plairra, monseigneur, ordonner
9
quelques souldatz davantaige. Il y a deux jours qu’il passa cen
10
soldatz de ceulx de Frayssinières en la vallée de Queyras auquel
11
lieu ont faict mille maulx, ont prins les armes des catholiques,
12
bruslé les esglises, tué deux prebstres. A ce que j’en ay peu entendre,
13
sont là en attendant quelque aultres de ces vallées comme de
14
Pragela, la val d’Angruegne. Monsieur de Monbrum y a envoyé
15
par trois fois pour leur faire lever les armes. Jay esté adverti
16
qu’il est arrivé aujourdhuy à Molines une trenteine de
17
la val d’Angruegne se venantz joindre avec ceulx de
18
Frayssinières, et font courir le bruit quil en viendra
19
davantaige. Ceulx de Frayssinières se tienent d’ordinaire
20
sur le grand chemin comme vous informera cappitaine
21
Cadet, present porteur. Ne se presentant aultre chose que merite
22
vous escrire fairay fin, priant Dieu,
23
monseigneur, qu’il vous maintiene en sa saincte et digne grace,
24
et moy à la votre, qu’il vous donne en santé longue et
25
très heureuse vie. De Guilhestre, ce 19 mars 1574
26
Votre très humble et très obeissant serviteur
27
à vous faire très humble service
28
De Combourcier
